Repose en paix Assata Shakur
Par Burju Perez
Reposez-vous bien et merci, Assata Shakur.
L'activiste, auteure et révolutionnaire Assata Shakur est décédée à l'âge de 78 ans. Le jeudi 25 septembre 2025. Elle a consacré sa vie à la libération et à la liberté du peuple noir, notamment par son militantisme au sein du Black Panther Party, puis de la Black Liberation Army (BLA). Son nom, Assata Olugbala, signifie « celle qui lutte pour le peuple ».
Les États-Unis et la lutte pour la libération
Assata est devenue une étude de cas centrale dans le programme de contre-espionnage du FBI, COINTELPRO.
L'opération COINTELPRO du FBI visait à « démasquer, désorienter, détruire et neutraliser » les organisations politiques noires et leurs dirigeants. Assata fut identifiée et spécifiquement ciblée par ce programme. En collaboration avec la police locale, le FBI diffusa systématiquement de fausses accusations et de faux articles dans la presse, accusant Assata et d'autres militants de crimes qu'ils n'avaient pas commis. Cette campagne avait pour but de la criminaliser et de la diffamer. Elle était traquée et considérée comme une cible prioritaire par la police. Selon des documents, l'un des objectifs de COINTELPRO était d'« empêcher, neutraliser et discréditer une figure emblématique de la lutte pour la justice sociale noire (BLA) susceptible d'unifier les masses ». Les actions du gouvernement ont contribué à forger l'image d'Assata comme une personnalité dangereuse et ont exagéré son rôle au sein de la BLA afin de la diaboliser. Avant sa condamnation en 1977, Assata avait été jugée à plusieurs reprises pour vols à main armée et agressions, mais elle avait toujours été acquittée ou les charges avaient été abandonnées.
En mai 1973, Assata Shakur et deux autres membres du BLA furent arrêtés sur la New Jersey Turnpike. Une fusillade éclata, au cours de laquelle le policier Werner Foerster et Zayd Malik Shakur, membre du BLA, furent tués. Assata fut blessée par balle lors de l'affrontement et inculpée du meurtre du policier. Sa défense plaida qu'elle avait reçu une première balle dans le dos, puis une seconde dans la poitrine. Ses blessures ne pouvaient être infligées que si elle avait levé les deux bras en signe de reddition. Un médecin légiste témoigna qu'il était « inconcevable » que la première balle ait pu l'atteindre à la clavicule si son bras était baissé. Un neurologue témoigna également que la balle avait sectionné le nerf médian de son bras droit, le paralysant instantanément et l'empêchant de tirer. Aucune trace de poudre ne fut retrouvée sur ses doigts et ses empreintes digitales ne furent relevées sur aucune arme. Ces conclusions proviennent des analyses médico-légales effectuées par le laboratoire de police scientifique de Trenton (New Jersey) et les laboratoires du FBI à Washington D.C. Le policier survivant a par la suite reconnu avoir commis un faux témoignage devant le grand jury, où il a désigné Assata comme l'une des tireuses. Elle a été reconnue coupable par un jury entièrement composé de Blancs, dont certains avaient des liens familiaux avec les forces de l'ordre. Assata Shakur a été condamnée à la prison à vie, assortie d'une peine supplémentaire de trente ans.
Évasion et asile politique
En novembre 1979, des membres de l'Armée de libération noire l'ont aidée à s'évader de prison. Se faisant passer pour des visiteurs, ils ont pris d'assaut l'établissement, pris des gardiens en otage et réquisitionné un fourgon cellulaire pour faciliter sa fuite. L'évasion d'Assata a été perçue comme un revers majeur pour la stratégie du COINTELPRO.
Après avoir disparu pendant cinq ans, Assata a refait surface à Cuba où Fidel Castro lui a accordé l'asile politique. Cuba a justifié cette décision par la persécution politique dont elle était victime et l'absence de procès équitable. En 2013, le gouvernement américain l'a inscrite sur la liste des terroristes les plus recherchés du FBI, faisant d'elle la première femme sur cette liste, et a offert une récompense de 2 millions de dollars pour toute information menant à sa capture. Malgré les efforts américains, elle est restée à Cuba jusqu'à sa mort, le jeudi 25 septembre 2025. Alors que le gouvernement américain a tenté de la faire passer pour une braqueuse de banque, une kidnappeuse et une meurtrière, nous la connaissons comme une femme qui n'a jamais renoncé à la liberté.
Écrit par Tamara Rose
Si vous souhaitez en savoir plus sur Assata Shakur, consultez son autobiographie.
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